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Armel Le Cléac'h remporte le Vendée Globe: «J'ai enfin réussi !»

Il avait échoué deux fois à la deuxième place mais ça y est, Armel Le Cléac'h, le poing levé, a remporté hier la huitième édition du Vendée Globe. Après une bagarre sans merci avec le Gallois Alex Thomson, le skipper de Banque Populaire VIII, âgé de 39 ans, a coupé la ligne d'arrivée, au large des Sables-d'Olonne, à 16 h 37'46'' en grand vainqueur. Il aura mis 74 jours 3 h 35'46'' soit 3 jours 22 heures et 41 minutes de mieux que François Gabart.

Seulement quelques minutes après son passage de ligne, submergé par l'émotion, Armel Le Cléac'h a livré ses premiers mots...

> La victoire
C'est un rêve. C'est énorme, une émotion incroyable. Je ne me rends pas bien compte de ce qui m'arrive. Les derniers jours ont été intenses. Je crois que j'ai fait quelque chose d'énorme, c'est génial. Mais chaque mille gagné, c'était dur. Je la voulais tellement cette victoire (il pleure). J'ai enfin réussi. Je suis trop content. 

> La remontée de l'Atlantique
La météo n'a pas été facile. J'avais l'impression que tout était contre moi. Mais je me suis accroché, je me suis bagarré jusqu'au bout. Et tous les soutiens qui me disaient de ne rien lâcher. J'y ai cru. Mais la victoire, je l'ai aperçu la nuit dernière. Il fallait aller à l'arrivée. J'étais dans mon jardin. Mais l'Atlantique n'a vraiment pas été facile. Je n'ai pas fait beaucoup d'erreurs, mais la météo n'était pas avec moi. Je n'ai rien lâché. 

 

 

> Le duel
 Cela a été intense du début à la fin. J'ai l'impression d'être parti hier. Il n'y a pas eu de pause, pas de répit. Les seuls moments ou j'ai eu beaucoup d'avance, j'ai pu souffler quelques heures. Mais la météo n'était pas bonne derrière et il a fallu que je reste concentré. 

> Troisième Vendée Globe
Je savais  qu'il fallait aller le chercher. Ma chance était là. Je ne voulais pas revivre la même chose qu''il y a quatre ans. 

> Problèmes techniques
J'ai eu des petits problèmes techniques mais le plus important a été un hook de génois qui a cassé dans la Pacifique. C'était une voile qui fonctionnait pas mal dans le vent faible au près. Ce qui était le plus  dommage, c'est que j'ai appris que les autres hooks étaient fabriqués de la même façon et j'ai eu peur pour les autres. J'ai essayé de préserver ça pour que ça ne casse pas. 

> Le plaisir
Il y a eu du plaisir dans la bagarre. Dans le Pacifique j'étais en phase avec les éléments météo, la stratégie. Au Horn, c'était un super moment et les derniers milles, c'était sympa même s'il faisait froid. Hier, il y a eu deux avions de chasse à me survoler c'était incroyable.

> L'adversaire
Alex Thomson a fait une très belle course. Il faisait partie des prétendants sérieux. Il avait de nombreux atouts. C'était un concurrent redouté et redoutable. Je pensais avoir fait le trou suffisamment au cap Horn mais ça ne suffisait pas... Il a fallu s'accrocher.


Un article de la rédaction du Télégramme