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Energy Observer: Un ancien catamaran de course reconverti à l'hydrogène

Une drôle de bête révolutionnaire est en train de naître. L'Energy Observer, l'ancien catamaran vainqueur du Trophée Jules Verne en 1994, sera propulsé aux énergies renouvelables et à l'hydrogène. Il est « reconditionné » actuellement à Saint-Malo et sera mis à l'eau « au printemps », explique son très dynamique capitaine, Victorien Erussard, avant de partir pour six ans d'aventures autour du monde. Sans une goutte de carburant fossile ! Un incroyable pari. C'est aussi une aventure humaine. Pour l'heure, une équipe d'une cinquantaine de navigateurs, architectes, ingénieurs, préparent « nuit et jour, sept jours sur sept », la Calypso du XXIe siècle. La facture : 5 millions d'euros.

Energy Observer, c'est un rêve. Mais pas une utopie. Il vise l'autonomie énergitique, sans émision de gaz à effet de serre, grâce à une chaîne de production hydrogène complète. Une prouesse technologique.

À bord du labo-navire, il s'agit de coupler plusieurs énergies : trois sortes de panneaux solaires, répartis sur 130 m² de surface, deux éoliennes à axe vertical, une aile de traction intelligente et deux moteurs électriques réversibles permettent de produire l'hydrogène à bord et, mieux encore, de le stocker. Bien joué ! Avec ou sans soleil, avec ou sans vent, le bateau avance.

 

(© : KADEG BOUCHER)

(© : ENERGY OBSERVER)

« Préparer les réseaux énergétiques de demain »

Energy Observer a un sacré parrain : Nicolas Hulot. « C'est, dit-il, un projet qui fait rêver et qui est nécessaire, à la hauteur du défi que nous avons de procéder à une véritable révolution technologique. »

Le Commissariat à l'Energie Atomique ne fait pas que dans l'atome. Il investit aussi dans les énergies renouvelables. Les chercheurs du CEA -Liten, pilotés par Florence Lambert à Grenoble, ont mis le paquet. « Energy Observer est une préfiguration de ce que seront les réseaux énergétiques sur terre demain », s'enflamme-t-elle. « Ce n'est pas un délire de navigateurs ou de chercheurs », assure Florence Lambert. C'est aussi une histoire économique avec, à la clef, des emplois. Aux industriels de saisir cette opportunité. L'expérience va permettre de montrer qu'il y a des débouchés dans le maritime mais aussi, l'automobile et l'aéronautique. Les PME sont prêtes, selon Florence Lambert. Le bateau écolo sera un ambassadeur dans les ports de France et du monde, et permettra de montrer, à partir de la grande bleue, ce qu'on peut faire autour de l'économie verte.

Un article de la rédaction du Télégramme