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Face à la crise offshore, Rolls-Royce veut proposer des navires plus simples

« Eviter la surenchère de spécifications dans la construction des bateaux offshore ». Tel est le nouvel axe stratégique de Rolls-Royce Marine, dont les architectes norvégiens ont pourtant été à l’origine de quantités de navires sophistiqués. « Tout est une question d’utilisation et la crise actuelle de l’offshore nous a incité à nous intéresser davantage au profil d’activité des navires dans les gammes que nous proposons », explique Jan Emblemsvåg, vice-président Ship Designs & Systems de Rolls-Royce Marine.

Un marché offshore très ralenti

Avec la chute du prix du pétrole, les candidats à l’investissement dans des constructions neuves sont désormais bien moins nombreux qu’il y a encore un an.  « Nous avons toujours connu la cyclicité dans le marché de l’offshore, qui est été indexé sur le prix du pétrole. Les prédictions sont totalement impossibles et cette crise, particulièrement violente, ne l’était pas plus que les autres », soulignent les experts du siège de Rolls-Royce Marine à Ålesund, en Norvège. « Les explications sont nombreuses avec, entre autres, l’arrivée massive du gaz de schiste américain et le refus de l’OPEP de baisser sa production qui nous amène, aujourd'hui, à une production excédentaire de 2.5 millions de barils par jour », poursuivent-ils. Tout n’est pas négatif pour autant, « il y a des perspectives encourageantes, surtout sur le segment du gaz avec la découverte de grands champs en Norvège, en Méditerranée ou en Afrique de l’Est, et l’évolution du mix énergétique chinois du charbon vers le GNL ». 

Un secteur dont les segments réagissent différemment à la crise

Les perspectives à moyen terme ne sont, pourtant, pas à l’image de la bulle qu’a connue le secteur ces dernières années. « On peut tabler sur un baril entre 60 et 80 dollars en 2020. Les secteurs vont évoluer de manière différente : la sismique pourrait repartir en 2018 quand il sera absolument nécessaire aux majors d’augmenter leur potentiel en travaillant de nouveaux réservoirs. Il y a une grosse réserve de croissance sur certaines segments comme les bateaux hôtels, les navires de sécurité, les unités de production flottante ou celles dédiées à la stimulation de puits, les bateaux miniers ou l’éolien offshore. En revanche, les marchés des ravitailleurs de plateformes (PSV),  releveurs d’ancres (AHTS), crew boats ou bateaux de forage vont être sérieusement ralentis pour quelque temps encore ».

De l’innovation mais également des bateaux adaptés à leur utilisation

Alors le groupe norvégien a choisi de réagir dans son approche commerciale en la segmentant et en la diversifiant. « Nous continuons à travailler sur des projets innovants, avec beaucoup d’efforts sur des nouveaux types de propulsion et notamment les solutions  GNL, électriques et hybrides, la récupération de l’ensemble de l’énergie du bord et le bateau intelligent, reposant sur de la très haute connectivité et le big data », reprend Jan Emblemsvåg. « Mais nous avons aussi pris conscience que tous nos clients n’ont pas besoin de cela ». Les échanges avec les équipages ont montré, que dans un certain nombre de cas, que les marins n’utilisent pas la moitié des possibilités du navire. Tout simplement parce qu’ils n’en ont pas besoin. Ainsi, le travail au Moyen-Orient ou en Afrique de l’Ouest ne requiert pas autant d’équipement que les eaux de la mer du Nord.

« Nous avons donc décidé de lancer une nouvelle série d’AHTS,  qui peuvent être produits à des coûts réduits (12 à 16 millions de dollars) avec, pour autant, une belle finition et une consommation optimisée ». Cette approche, dont le design sera dévoilé au salon du Workboat de la Nouvelle-Orléans, pourrait être étendu au marché de PSV, « même si ce n’est pas encore à l’agenda ».

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