Défense

Actualité

Fin des embarquements d’EPE militaires sur les thoniers français

La Marine nationale ne fournit plus, depuis peu, d’équipes de protection embarquée pour les thoniers français travaillant au large des Seychelles. « Le premier ministre a décidé de mettre fin à cette opération compte tenu de la baisse des actes de piraterie en océan Indien et du fait des nouvelles dispositions législatives sur la protection des navires sous pavillon français », explique l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la marine.

Le concept des EPE avait été initié en 2009, au moment où les attaques de navires civils se multipliaient au large de la Somalie et que les pirates, grâce à des bateaux-mères, évoluaient de plus en plus loin des côtes. Les thoniers français constituaient notamment des cibles faciles lors de leurs opérations de pêche. C’est pourquoi un dispositif de protection avait été mis en place à partir des Seychelles par la marine, les navires embarquant pendant leurs campagnes (généralement de près de deux mois) des militaires, avec des personnels fournis par la force des fusiliers-marins et commandos ou des volontaires d'autres unités formés à cet effet.

 

Militaire français protégeant un navire civil (© MARINE NATIONALE)

 

En 2015, 13 thoniers français disposaient d’une EPE militaire. Un chiffre tombé début 2016 à seulement 7 suite au dépavillonnement du Torre Guilia de l’armement concarnois CFTO (ré-immatriculé en Italie) et à la décision du réunionnais SAPMER d’opter pour une société de protection privée (Aspida) pour ses 5 thoniers armés sous pavillon tricolore (sur une flotte de 9 navires, les 4 autres étant immatriculés à Maurice et aux Seychelles). Saupiquet ayant repositionné l’ensemble de sa flotte en Atlantique, il ne restait alors plus en océan Indien que les 7 autres thoniers de CFTO, sur lesquels continuaient d’embarquer les hommes de la Marine nationale. 

Alors que les militaires ont, dans les toutes premières années de l’opération, repoussé un certain nombre d’attaques, les pirates n’hésitant pas à l’époque à s’en prendre aux thoniers avec des lance-roquettes, le phénomène s’est progressivement tassé, pour finir par quasiment disparaitre. Cela, grâce à l’action vigoureuse des forces navales de nombreux pays au large de la corne d’Afrique, conjuguée aux différentes mesures prises par les armateurs pour rendre beaucoup plus difficiles les abordages et détournements.

Si la menace, même réduite, existe toujours, le cadre législatif a entretemps évolué pour les navires civils battant pavillon français. Une loi a, en effet, été promulguée le 1er juillet 2014 afin de leur permettre, ce qui n’était pas le cas avant, de pouvoir embarquer des gardes fournis par des sociétés de protection privées. Après homologation, les premières équipes de ce type ont commencé à travailler sur les bateaux en 2015. Cette offre de service s’étant depuis développée, le gouvernement a donc considéré qu’il n’y avait plus lieu de mobiliser des militaires, sachant que la marine avait besoin de ces ressources pour d’autres missions.  

L’an dernier, la mise à disposition d’EPE avait mobilisé jusqu’à une centaine de marins pour une grosse quinzaine de navires, essentiellement des thoniers en océan Indien mais aussi quelques autres navires, dont les unités sismiques Geo Caribbean et Geo Coral de CGG alors exploitées au large de l’Afrique.  

 

Marine nationale Piraterie