Construction Navale

Reportage

Kleven : Myklebust rempli par les conversions, la pêche et l’aquaculture

Un véritable retour aux sources pour le chantier norvégien Kleven Myklebust. Situé à Gursken, à une vingtaine de kilomètres d’Ulsteinvik et de l’autre site du groupe, Kleven, entreprise familiale ayant démarré dans la pêche, dispose d’un carnet de commandes à faire pâlir d’envie ses voisins des fjords. « Nous avons des constructions neuves programmées jusqu’au printemps 2018. L’année prochaine, nous livrerons six bateaux », détaille Hans Kristian Opsal, directeur du site.

 

(© MER ET MARINE -CAROLINE BRITZ) 

 

Trois navires pour l’aquaculture

Dans le dock flottant de 180 mètres de long, se trouve un navire de transport de poissons vivants destiné à la compagnie Sølvtrans, un des leaders norvégiens en matière de servitude pour les fermes aquacoles et basé dans la ville voisine d’Alesund depuis trente ans. La même société a par ailleurs en commande une autre unité complexe de ce type, basée sur le design NVC 387 de Rolls-Royce et livrable en septembre 2017. DESS Aquaculture, société commune entre Marine Harvest Norway et Deep Sea Supply, vient de signer quant à elle pour un navire aquacole, basé sur un design SALT 425, et livrable en mars 2018.

 

Le futur navire de transport de poissons vivants de Solvtrans (© MER ET MARINE -CAROLINE BRITZ) 

(© MER ET MARINE -CAROLINE BRITZ) 

(© MER ET MARINE -CAROLINE BRITZ) 

 

Cinq bateaux de pêche

« Ensuite, nous allons commencer notre série de chalutiers, dont les coques sont fabriquées en Pologne ». Tous basés sur le design NVC 374 WP de Rolls-Royce, ces grands chalutiers de 80 mètres de long ont été commandés, pour deux d’entre eux par les Germano-islandais de DFFU, les Français de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo/Euronor et les Espagnols de Pesquera Ancora. « Ils sont presque identiques, à la seule différence des trois derniers qui vont recevoir un moulin à poisson ». Les livraisons vont s’échelonner de février 2017 (premier DFFU), juin 2017 (deuxième DFFU), septembre 2017 (CDP Saint Malo - Euronor) et février 2018 pour Pesquera Ancora. Par ailleurs, le chantier a également décroché la commande d’un senneur, construit sur un design SALT 0155,  pour les Danois de Gitte Henring, livrable en décembre 2017. « Nous sommes heureux d’avoir pu garder les compétences nécessaires à la construction des bateaux de pêche. C’est d’autant plus remarquable qu’avant la vague que nous voyons actuellement, notre dernière construction à la pêche remontait à 2012 », note Hans Kristian Opsal.

 

Vue des futurs chalutiers basés sur le design NVC 374WP (©  ROLLS - ROYCE)

 

Les perspectives des chantiers de conversion

Mais on le sait, les chantiers ne gagnent pas énormément d’argent avec les bateaux de pêche. Et même si le groupe Kleven semble tirer son épingle du jeu dans le difficile contexte actuel, la disparition des contrats offshore impose une recherche permanente de diversification et de charge pour les chantiers. « Nous gardons une bonne part d’activité en réparation navale, pour laquelle nous avons des équipes dédiées ». Et puis il y a les chantiers de conversion : l’effondrement du marché de servitude de l’oil&gas amène les armateurs à réfléchir à de nouvelles utilisations, plus rentables, de leurs navires. A Myklebust, il y a eu des gros chantiers comme celui du Skandi Arctic, transformé en navire de stimulation de puits ou l’Aker Wayfarer, dont les grues ont été remplacées par une tour de manière à pouvoir travailler dans des plus grosses profondeurs au large du Brésil. Des interventions majeures, qui pourraient se multiplier, notamment dans le secteur des PSV, mais qui nécessitent un important apport d’investissement. Ce que les armateurs n’ont pas toujours, surtout en ce moment.

 

L'Aker Wayfarer en fin de conversion (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ) 

Kleven Maritime