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Les Brésiliens vont désarmer le porte-avions São Paulo (ex-Foch)

La marine brésilienne a annoncé le 14 février qu’elle avait finalement décidé d’abandonner le projet de rénovation du porte-avions São Paulo. Mis en service en 1963, l’ex-Foch de la Marine nationale, acheté en 2000 à la France, sera finalement désarmé dans les trois prochaines années.  « Après plusieurs tentatives pour récupérer la capacité opérationnelle du São Paulo, l'amirauté a conclu que le programme de modernisation nécessiterait un investissement financier élevé, comprendrait des incertitudes techniques et nécessiterait une longue période d'achèvement », précise l’état-major de la marine brésilienne, qui a estimé à 10 ans la durée des travaux. Il aurait, de plus, fallu acquérir de nouveaux avions compatibles avec le bâtiment, les vieux AF-1 Skyhawk, datant de 1977 (23 avaient été achetés en 1999 au Koweït) devant être retirés du service d’ici là. « Jusqu'à ce que la marine reçoive un nouveau porte-avions, la capacité à réaliser des opérations de combat naval avec des avions, obtenue au prix d'importants investissements et d'une formation intense de nos pilotes, dans le pays et à l'étranger, sera maintenue depuis des bases terrestres, ainsi qu’au travers de la formation avec les marines alliées ».

 

Skyhawk de la marine brésilienne (© MARINHA DO BRASIL)

 

Pour mémoire, le Brésil avait acquis l’ex-Foch français afin de remplacer le Minas Gerais (ex-HMS Vengeance), ancien porte-avions britannique du type Colossus livré en 1942 à la Royal Navy, acquis en 1956 et désarmé en 2001 après la remise à niveau du São Paulo à Brest. « Bien qu’il comptait déjà 37 années de service au moment de son acquisition, le bâtiment a rempli sa mission dans les premières années d'activité au Brésil, permettant à la marine d'acquérir les compétences de haut niveau nécessaires à la mise en œuvre d'avions embarqués », assure l’amirauté brésilienne, qui a néanmoins été rapidement confrontée à différents problèmes avec le sistership de l'ancien Clemenceau, bâtiment de 265 mètres et 33.000 tonnes de déplacement en charge capable d'accueillir une quarantaine d'aéronefs. Victime de l’explosion d’une de ses chaudières en 2004, accident qui fit trois morts et une dizaine de blessés, le São Paulo a été réparé et modernisé entre 2005 et 2011. L’année suivante, alors qu’il était proche de reprendre du service, il subissait cette fois un grave incendie, l’immobilisant de nouveau. Au final, il aura donc été très peu opérationnel depuis son départ de France.

 

(© MARINHA DO BRASIL)

 

Initialement, la marine brésilienne avait prévu de se doter de deux nouveaux porte-avions d’ici 2030 dans le cadre du programme PRONAE. Les difficultés économiques rencontrées par le pays ces dernières années, en particulier suite à l’effondrement des recettes liées au pétrole, on néanmoins renvoyé ce projet à plus tard.

Aujourd’hui, l’état-major fixe comme priorités l’achèvement du programme des quatre sous-marins du type Scorpene et la construction du premier sous-marin nucléaire d’attaque brésilien (programme PROSUB), ainsi que la réalisation des quatre corvettes du type Tamandaré.

 

Futur Scorpene brésilien (© MARINHA DO BRASIL)

 

Concernant les Scorpene, conçus par DCNS et réalisés en transfert de technologie dans un tout nouveau chantier édifié à Itaguaí, dans la baie de Sepetiba, la construction de la tête de série progresse. Les deux tronçons constituant la coque du Riachuelo doivent être soudés dans les prochains mois et le bâtiment mis à l’eau dans le courant de l’année. Alors que les sections de coque du second Scorpene, le futur Humaita, sont maintenant réalisées, le premier tronçon du troisième, le Tonelero, est terminé. Suivra la construction de l’Angostura, sachant que le programme, dont la cadence a été ralentie par les Brésiliens, devrait voir une livraison de la tête de série autour de 2020.

 

Ebauche du premier SNA brésilien (© MARINHA DO BRASIL)

 

Concernant le SNA Alvaro Alberto, malgré les difficultés budgétaires, la marine fait tout pour maintenir ce programme, annoncé depuis 1986 et déjà maintes fois reporté. Les études se poursuivent en vue d’une mise sur cale au début de la prochaine décennie.

Enfin, pour ce qui concerne les corvettes du type Tamandaré, longues de 103 mètres pour un déplacement de 2300 tonnes, la première devait voir sa construction débuter l’an dernier, sa mise en service n’étant pas espérée avant 2021.

 

Future corvette du type Tamandaré (© MARINHA DO BRASIL)

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