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L'Etat veut préserver l'activité des chantiers de Saint-Nazaire

« La pérennité de l'activité, la sécurisation des savoir-faire et la capacité de se projeter dans l'avenir. » Ce seront les conditions de l’État français à la reprise de STX France par le constructeur naval italien Fincantieri. C’est ce qu’a déclaré hier matin le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. C’est, peu ou prou, ce qu’est venu détailler le secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, lors de son entretien avec les syndicats sur les chantiers de Saint-Nazaire hier en fin de journée.

Le tribunal de commerce de Séoul avait, en effet, retenu mardi le constructeur naval italien Fincantieri comme candidat préféré à la reprise du chantier naval STX France de Saint-Nazaire. Mais avant que Fincantieri n'acquiert les 66,6% de STX France, il doit encore se mettre d'accord sur un prix d'achat avec le groupe sud-coréen et mener à terme les discussions avec l'Etat français.

Rassurer les syndicats et les élus

Dans l'idée de rassurer syndicats et élus locaux, le secrétaire d'Etat a donc fait le déplacement. Et, il a évoqué chacune des conditions mises en avant par les syndicats, affirmant que les négociations avec l’Italien ont pour principal objectif « le maintien de l’activité du site de Saint-Nazaire », ainsi que la préservation de « l’ensemble des sous-traitants ». Il a déclaré qu’un des points de la discussion devait porter sur le fait  que « le carnet de commandes, extrêmement important aujourd’hui, des chantiers navals de Saint-Nazaire ne soit pas utilisé pour alimenter d’autres lieux de production de Fincantieri, en Italie tout particulièrement ».

Préserver la propriété industrielle

Christophe Sirugue a également abordé la nécessaire « préservation de la propriété industrielle, c’est-à dire du savoir faire, de nos brevets. Qu’il n’y ait pas de fuite de ce qui fait aujourd’hui le fleuron des chantiers navals de Saint-Nazaire vers d’autres cieux. » Les syndicats s’inquiétaient, particulièrement, d'un transfert du savoir-faire français vers la Chine, Fincantieri ayant signé un accord de transfert de technologie avec un groupe chinois, et, à plus long terme, d'une délocalisation de la production.

Fincantieri pas forcément majoritaire

Quant à la manière : « Il est clair que notre projet, celui sur lequel nous discutons avec Fincantieri, n’est pas forcément une hypothèse où Fincantieri serait majoritaire à lui tout seul. [...] La question se pose bien entendu de la participation de DCNS dans le capital tel qu’il sera reconstruit. » C'est ce que demandait, le matin même, le maire PS de Saint-Nazaire, David Samzun : utiliser comme levier DCNS et la Caisse des dépôts et consignations pour construire une proposition complémentaire. Une proposition où l'Italien ne soit pas le patron. En tout cas pas majoritairement.

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)