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Merré et CMN vont réaliser des remorqueurs-pousseurs pour la marine

Jusqu’à 29 remorqueurs-pousseurs vont être réalisés dans le cadre du programme RP10 de remplacement des actuelles unités de la Marine nationale. Un marché attribué à un groupement réunissant Chantier Merré et CMN. Les futurs bâtiments, dotés d’une coque en acier et d’une superstructure en aluminium, mesureront près de 12 mètres de long. Armés par quatre marins et dotés d’une propulsion diesel, ils pourront atteindre la vitesse de 8 nœuds et afficheront une capacité de traction au point fixe de 10 tonnes.

Production à Nort-sur-Erdre, Saint-Nazaire, Brest et Cherbourg

Le contrat, récemment notifié par la Direction Générale de l’Armement, porte sur une première tranche ferme de 7 unités, les 22 autres remorqueurs-pousseurs faisant l’objet de tranches conditionnelles successives. Conçue par Merré sur la base d’un design « maison », la tête de série sera réalisée sur son site de Nort-sur-Erdre, près de Nantes, en vue d’un achèvement d’ici la fin de l’année. Ce n’est qu’après la validation de ce premier bateau par la DGA que la production en série pourra commencer.

Dans le cadre de l’accord conclu entre les industriels, Merré doit réaliser 15 des 29 RP10, soit 6 à Nort-sur-Erdre (avec une probable participation de la société nazairienne Mecasoud, dont il est actionnaire), et 9 au chantier brestois CIB, repris au printemps dernier par BMA, maison-mère de Merré.

CMN construira pour sa part les 14 autres bâtiments (dont 3 des 7 de la tranche ferme), et assurera les études sur la partie navigation/communication. Alors que le constructeur cherbourgeois prévoit de commencer sa partie de la production début 2018, les livraisons des 29 RP10 doivent s’étaler jusqu’en 2022.

 

Pousseur du type PSS 10 (© BERNARD PREZELIN)

Renouvellement d’une flottille vieillissante

Ce contrat, qui s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros (le montant exact n’a pas été communiqué), va permettre à la marine française de renouveler sa flottille de remorqueurs-pousseurs. En dehors des quatre récentes unités du type Morse (15.5 mètres, 10 tonnes de traction) livrées en 2004 et 2005 par Socarenam, le reste des moyens arrive en effet en fin de vie. Il y a là les 26 pousseurs du type PS 4 (11.9 mètres, 4, tonnes), réalisés par Merré, mais aussi par CIB ainsi que DCNS et l’ancien chantier La Perrière de Lorient, qui sont entrés en service entre 1973 et 1997, les quatre unités du type PSS 10 (17.5 mètres, 10 tonnes) construits à Lorient en 1993. S’y ajoutent les deux petits pousseurs du type PSS 6 (8 mètres, 6 tonnes), réalisés à Bordeaux en 1970 et qui seront désarmés cette année.

 

Pousseur du type PS 4 (© BERNARD PREZELIN)

 

Métropole, Outre-mer et points d’appui à l’étranger

Avec les RP10, la Marine nationale va donc pouvoir moderniser et homogénéiser ses moyens  non seulement dans les bases navales métropolitaines (Brest, Toulon, Cherbourg), mais aussi dans les territoires d’Outre-mer (Martinique, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, La Réunion et Mayotte) ainsi que les points d’appui des armées françaises à l’étranger, comme Dakar et Djibouti. Pour mémoire, les remorqueurs-pousseurs, complémentaires des plus gros remorqueurs portuaires, comme l’Estérel et le Lubéron (36 mètres, 50 tonnes), ou encore les 16 Fréhel (25 mètres, 12 tonnes), assistent les bâtiments de surface et les sous-marins dans leurs manœuvres d’accostage, d’appareillage et de chenalage.

 

Pousseurs assistant un SNLE (© MARINE NATIONALE)

Merré diversifie son portefeuille de clients

Du côté industriel, le contrat RP10 est une excellente nouvelle pour Merré, repris en 2012 par le groupe BMA, présidé par Moun Bourjij et dont le directeur général est François Martin. Le chantier nantais, qui se fait notamment une spécialité de la servitude portuaire et travaille beaucoup pour les ports du continent africain, diversifie ainsi son portefeuilles de clients.

CMN : Dans l’attente de gros contrats

Quant à CMN, sur lequel s’est adossé Merré pour mieux appréhender les méandres des marchés publics, en particulier ceux de la Défense, le groupe cherbourgeois garnit ainsi son plan de charge avec de nouvelles coques, même si cette commande représente une charge peu importante au regard des projets en cours ou en négociation. Il y a notamment toujours, pour l’Arabie Saoudite, l’attente de l’entrée en vigueur du contrat pour les 39 intercepteurs du type HSI 32 et la transformation de l’ancien programme libanais DONAS, ainsi que le marché des 17 bâtiments destinés à l’Angola remporté par Privinvest, maison-mère de CMN et qui comprend des modèles conçus à Cherbourg.  

 

Chantier Merré Constructions Mécaniques de Normandie (CMN)