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Port de pêche de Lorient : Toujours en progression

Après une très bonne année 2015, l'activité du port de pêche s'est stabilisée l'an dernier. Si la pêche côtière plafonne, la pêche fraîche au large et les importations ont permis une légère augmentation du tonnage débarqué (+ 1,39 %) et du chiffre d'affaires (+ 2,42 %). Le port de Keroman fait travailler quelque 3.000 personnes entre la pêche et la construction navale.

En 2016, 26.882 tonnes de poisson et de crustacés ont été débarquées à Keroman par 299 bateaux, dont 106 immatriculés à Lorient. C'est 368 de mieux qu'en 2015 (+ 1,39 %). Dans le même temps, le prix moyen au kilo a légèrement augmenté (3,22 € contre 3,19). Le chiffre d'affaires global est donc en progression de 2,42 % pour atteindre une valeur de 86,6 M€. « Lorient fait mieux que simplement résister », se félicite Maurice Benoish, le président de la Sem-Keroman.

La pêche côtière à la baisse

Cette progression, tant en valeur qu'en tonnage, est essentiellement imputable à la pêche hauturière et aux importations puisque « la pêche côtière mollit un peu » avec une baisse de 6 % en tonnage (5.822 tonnes) et de 3,2 % en valeur (- 3,26 %). « Il n'y a pas eu de sardines, ni d'anchois à Lorient cette année. Même si la pêche de thon a été correcte et qu'on a connu une bonne saison de langoustine », explique Maurice Benoish. Avec 579 tonnes de mieux qu'en 2015 (12.551 tonnes), la pêche hauturière a, elle, connu une augmentation de près de 5 % en tonnage et de 11,6 % en valeur.

Développement des importations

Les importations de poisson vendu sous criée à Lorient, « une des spécificités du port de Keroman », se portent plutôt bien (+ 6,75 % en tonnage avec 5.163 tonnes et + 4,75 % en valeur pour 13 M€). « C'est un secteur qui est appelé à se développer », souligne le président de la Sem qui avoue regarder du côté du Canada, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Mauritanie ou du Maroc pour attirer des vendeurs. Pour l'heure, l'essentiel des ventes se fait grâce aux productions anglaises, écossaises ou irlandaises. Le Brexit va-t-il changer la donne ? « Il n'aura pas que des côtés négatifs pour le port puisque la baisse du cours de la livre rend la vente dans les pays européens plus attractive », note Maurice Benoish.

Hausse des achats en ligne

L'an dernier, 225 acheteurs ont fait le choix de la criée lorientaise. La Sem travaille sur la mise en place d'un système de prévente, de traçabilité et de suivi qui permettra aux acheteurs de savoir en temps réel où se trouve leur produit (sur les quais, en livraison, etc.). « Aujourd'hui, 85 % des produits sont vendus en ligne, sans que l'acheteur soit devant les caisses sous la criée ». C'est particulièrement vrai pour la pêche hauturière et les importations. « Une vraie révolution qui s'est faite en quelques années », note Maurice Benoish.

Le merlu, star de l'année 2016

Le merlu a tiré le bilan de l'année 2016 vers le haut. Il est la première espèce vendue à Lorient, tant en tonnage (6.369 tonnes) qu'en valeur (16,2 M€), des chiffres qui ont quasiment doublé par rapport à 2015.

« Bonnes perspectives pour 2017 »

Même si Maurice Benoish rappelle que « la pêche est la seule filière économique liée aux espèces sauvages » et qu'il est donc délicat d'avoir une vision précise de l'avenir, « les perspectives pour 2017 sont plutôt bonnes ». À part pour le cabillaud, la plupart des quotas attribués sont en hausse (+ 7 % pour la langoustine) ou stabilisés. « On commence à tirer le bénéfice de tous les efforts faits au niveau des captures ». Concernant les investissements, la Sem va poursuivre cette année la réfection des réseaux d'eau du port (eaux usées, pluviale et de mer) et la réhabilitation de certaines de ses friches. Le nouvel atelier de mécanique devrait être livré en juin et les façades des magasins de marée vont être renouvelées. « Le port, c'est un chantier permanent pour lequel on privilégie le fonctionnel, tout ce qui peut permettre de garder notre dynamique économique », résume Maurice Benoish.

Un article de la rédaction du Télégramme