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Saint-Nazaire : La construction de l’éolienne flottante Floatgen progresse

La construction de la toute première éolienne marine française progresse à Saint-Nazaire. Avec, pour commencer, la réalisation de son imposant flotteur en béton, un anneau carré ouvert en son centre qui mesurera 36 mètres de côté pour 10 mètres de hauteur.  Alors que les premières coulées de béton (il en faudra 1900 m3) sont intervenues en novembre, le chantier du flotteur mobilise quelques 70 personnes. C’est Bouygues Travaux Publics qui fabrique cette structure, le coffrage étant installé sur trois barges solidarisées, amarrées au quai des Charbonniers, dans le bassin de Penhoët. Une fois achevée, le flotteur, doté de 16 alvéoles, sera conduit dans la forme Joubert, sa mise à l’eau étant prévue au printemps. L’armement à quai se poursuivra alors, avec le montage du mât et de la turbine, ainsi que les différents systèmes nécessaires à son ancrage et son fonctionnement. Puis l’éolienne sera remorquée pendant l’été jusqu'au le site d'expérimentation SEM-REV de l’Ecole Centrale de Nantes, situé au large du Croisic et sur lequel la machine, connectée au réseau électrique, sera testée pendant deux ans.

 

Le chantier dans le bassin de Penhoët (© : BYTP - IDEOL)

(© : IDEOL)

 

D’un coût de 25 millions d’euros, dont 10 supportés par l’Europe, ce démonstrateur d’éolienne flottante est réalisé dans le cadre du projet Floatgen, qui réunit 7 partenaires en France (ECN, Ideol, Bouygues), mais aussi en Allemagne (Université de Stuttgart et Fraunhofer-Iwes), au Royaume-Uni (RSK Group) et en Espagne (Zabala).  L’objectif est de valider par des tests en conditions réelles différentes technologies développées pour cette première éolienne du genre, ainsi que ses performances de production d'électricité, tout en bénéficiant d’un précieux retour d’expérience en matière de méthodes de construction, d’installation et d’exploitation du système flottant. Véritable vitrine technologique, ce projet permettra d'achever la maturation de ce concept en vue d'en accélerer la commercialisation sur le marché international. 

 

(© : IDEOL)

Deux autres projets en France et au Japon

Pour mémoire, Floatgen va utiliser le flotteur innovant conçu par la société française Ideol. La Damping Pool, solution compacte offrant une grande stabilité et qui peut être réalisée en béton ou en acier suivant les contextes locaux, a déjà été retenue par le Japon (deux démonstrateurs, un de chaque type, seront installés à partir de l’été 2018) mais aussi dans le cadre de l’appel à projets pour les premières fermes pilotes d’éoliennes flottantes en France. A ce titre, le projet Quadran verra l’implantation à partir de 2020 au large de Gruissan, en Méditerranée, de quatre fondations Ideol supportant des éoliennes Senvion de 6 MW. Une puissance trois fois supérieure à celle du démonstrateur réalisé actuellement à Saint-Nazaire.

Valider le concept et éprouver son industrialisation

Ce dernier sera en effet équipé d’une turbine Vestas de 2MW seulement. Ce n’est toutefois pas la puissance mais la mise à l’épreuve de l’industrialisation puis l'expérimentation du concept global face aux éléments naturels qui intéressent les acteurs de Floatgen. « Qu’il s’agisse du concept même de fondation flottante en forme d’anneau carré, du site d’essai en mer, du type de béton utilisé pour la construction ou encore du matériau qui équipera les lignes d’ancrage, l’innovation est au cœur de ce projet », souligne le consortium. En dehors de sa conception recourant à plusieurs technologies brevetées par Ideol, la fondation bénéficie par exemple d’une formule spécifique de béton léger et auto-plaçant développée par Bouygues, qui met également en place des méthodes de construction nouvelles avec l’emploi de trois barges solidarisées.

Système d'ancrage en nylon

Floatgen va, par ailleurs, disposer d’un système d’ancrage original, avec trois lignes doublées qui ne sont pas réalisées en acier mais en nylon. Fournis par l’usine Le Béon Manufacturing de Plouay (Morbihan), ces câbles extrêmement résistants de 20 centimètres de diamètre présenteront l’avantage de ne pas être sujets à la corrosion, leur élasticité permettant en outre d’absorber une partie des mouvements générés par la houle sur le flotteur.

La livraison du système d’ancrage, avec six ancres, ses lignes et enrouleurs notamment, est intervenue en décembre. Ces équipements ont rejoint les éléments de l’éolienne fournis par Vestas et arrivés à Saint-Nazaire dès le moins de juin 2016.

 

Le chantier dans le bassin de Penhoët (© : BYTP - IDEOL)

(© : IDEOL)