Science et Environnement

Reportage

Tara part étudier le monde du corail

La goélette scientifique Tara  a largué les amarres de Lorient le samedi 28 mai, cap sur le Pacifique. Pendant deux ans et demi, les scientifiques vont étudier le corail et son environnement. Une 11e mission pour l'équipe scientifique pluridisciplinaire embarquée sur Tara qui va parcourir 100.000 kilomètres d'ici à septembre 2018. Samedi, l'équipage, servi par un soleil généreux et une foule qui l'a ovationné au moment de son départ de l'avant-port de Lorient, a mis le cap sur Miami. Une première étape que Tara devrait rejoindre d'ici un mois avant de s'engager dans le canal de Panama et rentrer dans les eaux du Pacifique.

 

Tara quitte la rade de Lorient (© LOYS LECLERQ - L20 IMAGES)

(© LOYS LECLERQ - L20 IMAGES)

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(© LOYS LECLERQ - L20 IMAGES)

Découvrir le monde microscopique autour des coraux

« On connaît très bien la symbiose entre l'animal corail et l'algue qui lui donne sa couleur. Mais tout autour, il y a un monde microscopique dont on ne sait rien », explique Romain Troublé, directeur général de la fondation Tara Expéditions.

À quoi servent ces bactéries et ces virus ? Ont-ils un rôle dans la santé, l'adaptation et la survie des coraux ? C'est à ces questions que devrait répondre la nouvelle expédition Tara. Après l'Arctique (2006-2008) et le plancton (2009-2013), la goélette scientifique met le cap sur le Pacifique et ses récifs coralliens.

Comment les coraux s'adaptent-ils ?

« C'est un hasard total mais Tara va prendre la mer alors que les coraux subissent un stress majeur à cause d'El Niño, courant marin qui réchauffe les eaux dans lesquelles se trouvent les récifs », ajoute Romain Troublé. Quand la température monte, les coraux éjectent les algues avec lesquelles ils vivent en symbiose et blanchissent. « Si cela dure trop longtemps, ils meurent ». « C'est une bonne simulation de ce qui peut se passer dans les années futures avec le réchauffement climatique. Cela va nous aider à comprendre comment les coraux s'adaptent aux changements ». En 1998, lors de la précédente apparition d'El Niño, « 20 % de la surface corallienne est morte », rappelle Romain Troublé.

40.000 échantillons

Tara va mettre le cap sur Panama. À son bord, des scientifiques, des journalistes et des artistes. Pendant deux ans et demi, 70 scientifiques issus de neuf pays se relaieront à bord. Dix-huit laboratoires étudieront les échantillons - 40.000 - prélevés sur les récifs coralliens. « Nous effectuerons aussi 40 carottages, pour avoir une vision sur 300 ans de la vie des coraux », ajoute Romain Troublé.

Rencontres et pédagogie

Du canal de Panama à l'archipel du Japon (2016-2017), puis de la Nouvelle-Zélande jusqu'en Chine (2017-2018), Tara croisera pas moins de onze fuseaux horaires à travers l'océan le plus vaste de la planète, joignant notamment les terres insulaires et les récifs les plus isolés.

Chaque escale sera une opportunité de rencontres, de découvertes et d'échanges sur la vie des récifs, sur les enjeux environnementaux et les savoirs locaux des populations qui dépendent le plus de ces berceaux de biodiversité.

(© LOYS LECLERQ - L20 IMAGES)



Avec la rédaction du Télégramme